Faut-il être chercheur pour travailler dans la recherche ?
Publié par Anne-Cécile Toulemonde, le 21 juillet 2026 30
Nous sommes 4 élèves de seconde en stage d’observation en milieu professionnel, s’aventurant à l’Ecole Vétérinaire de Nantes (Oniris VetAgroBio). Pendant une semaine, nous avons découvert le monde de la recherche, un milieu très éloigné de ce que nous imaginions. Dans l’optique d’éclairer nos choix futurs, une question commune a vite émergé : « Faut-il être chercheur pour travailler dans la recherche ? ». Ces quelques lignes ont pour but de vous partager notre fabuleuse expérience !
1 - Structure Unité
Notre stage a eu lieu au sein de l’unité mixte de recherche (UMR), nommée BIOEPAR (Biologie, Épidémiologie et Analyse de Risques en Santé Animale). Cette unité est sous la tutelle de l’Institut national de recherche pour l'agriculture, l’alimentation et l’environnement (INRAE) et d’Oniris VetAgroBio. L’UMR BIOEPAR est pilotée par sa directrice, Ségolène, appuyée par ses deux adjoints, Thierry et Sandie. L’unité est organisée en 5 équipes scientifiques et deux pôles (administratif et informatique). Au cours de notre stage, nous avons rencontré l’équipe Appifish, un ensemble de chercheurs travaillant sur l'infectiologie chez les poissons ; l’équipe Dynamo, qui se charge de modéliser les dynamiques épidémiques animales. Quant à l’équipe Immunocare, les chercheurs s’intéressent à l’immunologie clinique des animaux d’élevage. L’équipe PEPS étudie la santé des troupeaux. Et enfin, l’équipe TIBODI observe les tiques et les pathogènes transmis par les tiques.
2 - Ce qui nous a marqué
Lors de notre stage, nous avons eu l’occasion de découvrir, pendant une matinée, le métier d’enseignant-chercheur clinicien avec Maud et Anne. Après avoir enfilé la tenue réglementaire appropriée (côte, gants et bottes), nous avons pu observer différents examens de bovins effectués par les étudiants vétérinaires en 5e année : auscultations cardiaques et respiratoires, échographies des poumons et du cœur, tests pour vérifier la présence de la gale et des poux, palpation transrectale et analyse des selles (coproscopie), etc. Maud nous a également permis d’ausculter nous-mêmes un veau et des vaches. De plus, il nous a été possible d’observer une trachéotomie, qui était nécessaire au bon fonctionnement de la respiration d’une génisse qui avait un problème au larynx (cette intervention consistait à implanter une sonde dans la trachée pour favoriser la respiration). Aussi, on nous a expliqué que certains bovins qu’ils avaient examinés n’étaient pas du tout sauvables. C’est pourquoi ils ont fait le choix de les euthanasier. C’est une solution lourde mais presque inévitable, qui fait pour autant partie « du métier » de praticien.
Nous avons également été marqués par le niveau de protection nécessaire dans les laboratoires utilisés par l’unité. En effet, les chercheurs y manipulent des virus tels que la grippe ou le SDRP (syndrome dysgénésique et respiratoire porcin). Ce sont des virus non mortels pour l’humain, mais pouvant l’affecter légèrement et parfois mortels pour les animaux. Aussi, nous avons été étonnés par la diversité du matériel utilisé et les différentes manipulations effectuées.
Ces travaux de recherche sont facilités par des techniciens d’aide à la recherche, sans qui l’avancée des travaux et projets serait impossible. Ce fut une expérience intéressante, car elle nous a permis de découvrir des métiers trop souvent mis dans l’ombre, tels que techniciens, agents d’entretien ou encore animaliers.
3 - Les métiers et fonctions d’une unité de recherche
Avant de venir découvrir une unité de recherche, nous pensions qu’elle se composait uniquement de chercheurs, mais cette semaine nous a permis d’observer la diversité des métiers impliqués. Trois principaux corps de métiers y sont présents :
- Premièrement, les chercheurs : parmi eux, des doctorants, des ingénieurs comme Philippe, des enseignants-chercheurs comme François et les chercheurs eux-mêmes.
- Deuxièmement, les techniciens de formation et de recherche : des fonctionnaires et contractuels présents en grande partie dans le laboratoire, l’autre partie dans l’administration.
Ce stage nous a aussi permis de découvrir des parcours atypiques, tous plus différents les uns des autres. En commençant par Philippe, un ancien électronicien de l’armée devenu ingénieur informaticien. Il a fait 34 ans de carrière avant de poursuivre la dernière partie ici, à BIOEPAR, où il a créé un logiciel de simulation de la santé des troupeaux (DHM). Nous avons aussi rencontré Manon, une doctorante au parcours hors du commun : classes préparatoires, école de commerce, puis master en mathématiques en Allemagne avant de commencer une thèse en écologie des tiques.
Tous ces acteurs scientifiques et techniques sont appuyés par des équipes support qui apportent tout le liant nécessaire pour que l’unité fonctionne ! Parmi eux : Michel, documentaliste et appui informatique, ou encore Cécile et Sophie en appui à l'enseignement, essentielles à la vie quotidienne de l'unité.
Ce stage fut une expérience immersive qui nous a permis de découvrir que la recherche repose en réalité sur une infinité de métiers qui se complètent. Dans ce domaine, nous avons eu la chance de découvrir divers parcours uniques. Nous remercions l’ensemble du personnel qui nous a accueillis à bras ouverts, tel que Florence Beaugrand, Anne-Cécile Toulemonde, Hélène Cecilia ainsi que Pauline Maisonnasse. Nous sommes ressortis grandis de cette expérience ; merci pour cette opportunité de stage.
Auteurs: Hippolyte, Abby, Sybille et Félix
