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Un blob au ZOOM

Peut-être avez-vous entendu parler du projet de science participative "Derrière le blob, la recherche", lancée par le CNRS. Il s'agit d'étudier, grâce à la participation de 15 000 volontaires, l'impact du réchauffement climatique sur le blob, espèce fascinante et très attachante. Eh bien le ZOOM a l'immense plaisir d'avoir été choisi, avec 15 000 autres participant·e·s (et parmi les quelques 25 000 candidat·e·s), pour mener à bien cette expérience !

C'est quoi, une étude de science participative ?

Les sciences participatives (aussi appelées sciences citoyennes) sont une production de connaissances scientifiques par des acteurs et actrices qui ne sont pas des scientifiques professionnel·le·s, et qui mènent une expérience, collectent des données ou encore rendent compte d'observations à la communauté scientifique.

L’opération présente un double objectif : sensibiliser les volontaires à la démarche scientifique, de la conception d’un protocole jusqu’à la publication des résultats ; mais aussi permettre aux volontaires de réaliser une expérience scientifique rigoureuse à partir d’un échantillonnage non réalisable en laboratoire par les scientifiques.

Les sciences participatives sont ainsi un outil dont les contributeurs et les scientifiques tirent un bénéfice mutuel.

Pourquoi avons-nous eu envie de participer ?

Tout d'abord, avouons-le, parce qu'un blob c'est ultra cool. Mais surtout, ce projet est l'occasion pour nous de montrer directement à nos publics la science en train de se faire, avec un protocole expérimental et une démarche scientifique bien identifiés, avec une thématique d'actualité (le réchauffement climatique) et porteuse (les structures qui travaillent autour de ce thème recrutent), et avec une espèce très originale. Cerise sur le gâteau, le projet "Derrière le blob, la recherche" est dirigé par une chercheuse, Audrey Dussutour, ce qui met en lumière la présence des femmes en sciences et fait directement écho à notre mission Femmes et sciences 53.

Qui est à l'origine du projet ?

C'est le CNRS qui a lancé ce projet de science participative. Cette expérience d’une ampleur inédite sera dirigée par Audrey Dussutour, biologiste du CNRS au Centre de recherches sur la cognition animale (CNRS/Université Toulouse III - Paul Sabatier). En France, le blob est étudié depuis 2009 dans ce centre par Audrey Dussutour, alias Docteur Drey. À travers plus de 200 actions de médiation menées au cours de sa carrière, la chercheuse a su mettre à profit ses travaux scientifiques sur le comportement des fourmis et du blob pour promouvoir les enjeux et les méthodes de la recherche scientifique auprès du plus grand nombre.
En 2021, son investissement dans des actions de médiation lui a valu la médaille de la médiation scientifique du CNRS.

C'est quoi un blob ?

De son vrai nom Physarum polycephalum, le blob, appartient au règne des Amibozoaires et à la famille des Myxomycètes. C’est un organisme unicellulaire incroyable. Ni animal, ni végétal, ni champignon, sans cerveau, c’est un champion qui peut apprendre, voire transmettre des informations en fusionnant avec ses congénères, qui double de taille quotidiennement et peut atteindre plusieurs mètres carrés. Capable de se régénérer, sa durée de vie peut atteindre plusieurs décennies.

Pourquoi étudier l'impact du réchauffement climatique sur le blob ?

Dans les années à venir, les vagues de chaleur vont devenir plus longues, plus intenses, plus fréquentes et plus inattendues. Le changement climatique a des répercussions sur la biodiversité et les écosystèmes. Tous les êtres vivants étant connectés les uns aux autres par le biais d'interactions écologiques, le déclin d’une seule espèce va perturber de nombreuses interactions et par effet boule de neige aura des conséquences considérables sur l'ensemble des écosystèmes.

Au sein de la biosphère, les communautés microbiennes remplissent des fonctions vitales pour l'écosystème. Dans les forêts par exemple, les micro-organismes (dont les blobs font partie) jouent un rôle clé dans la décomposition de la matière organique et la minéralisation des sols. Le monde microbien soutient ainsi la croissance des plantes et par extension celle de toute la biosphère. Bien que les micro-organismes jouent un rôle crucial dans la biosphère, ils font rarement l'objet d'études sur le changement climatique et ne sont jamais pris en compte dans l'élaboration des politiques de protection de l’environnement.

Examiner les réponses du blob, et donc des Myxomycètes, à des changements climatiques permettra d'anticiper l'impact de ces changements sur l'ensemble de la biosphère.

Comment les volontaires ont-ils été choisis ?

Près de 25 000… C’est le nombre de personnes ou groupes de personnes qui ont finalisé leur inscription pour participer à l’expérience de science participative "Derrière le blob, la recherche". Devant un tel engouement, le CNRS a décidé de financer 5 000 kits supplémentaires pour en distribuer finalement 15 000 aux scientifiques en herbe retenus. Et pour faire cette sélection finale, le blob lui-même a été mis à contribution (voir cette vidéo). Les candidats et candidates ont été séparés en trois groupes, représentés par trois sources de nourriture placées autour d’un blob, et les deux premières sources atteintes ont représenté les deux groupes de participants et participantes retenus.

Quel honneur d'avoir été choisis par le blob !

Et maintenant, que va-t-il se passer ?

Nous allons bien prendre soin de notre petit blob qui devrait arriver fin mars ! Après l'avoir réveillé et installé confortablement pour effectuer le protocole, vous serez invité·e·s à venir assister à l'expérimentation du mardi au vendredi à 10h et à 17h, du 12 au 15 avril, du 19 au 22 avril, du 26 au 30 avril et du 3 au 7 mai.

Un espace «blob» aura sa place à partir du 9 avril et sera accessible aux heures d’ouverture du ZOOM. Le public pourra y découvrir l’exposition «Derrière le blob, la recherche», réalisée par la Délégation CNRS Occitanie Ouest et le Quai des Savoirs à Toulouse. Cette exposition permet de suivre les étapes incontournables d’un protocole de recherche et de comprendre comment se déroule une expérience scientifique rigoureuse. Dans cet espace, le public pourra également voir un blob qui lui ne participe pas au protocole, et que l’équipe du ZOOM sera ravie de lui présenter. L’occasion peut-être, pour les jeunes et les moins jeunes, de lui trouver un petit nom.

Cet été, notre blob s'offrira un peu de divertissement les mardis, mercredis et jeudis à la maison de quartier des Fourches pour notre deuxième édition de l'action "Dans tous les sciences !". Il reviendra se reposer du vendredi au dimanche au ZOOM.

Et après ? Notre blob effectuera sa rentrée au ZOOM pour prendre le large mi-octobre, après la Fête de la science.