[Retour sur] Le foisonnement du vivant - Le Café des Sciences de la Transition Écologique au Théâtre Universitaire
Publié par Nantes Université, le 27 mars 2026
Le 24 mars 2026, dans le cadre du Festival Idéal, la mission CST a proposé un rendez-vous sur la pause de midi pour une rencontre participative autour de la thématique du foisonnement du vivant. Lors de ce Café des Sciences de la Transition Écologique (CSTE), trois chercheur·es écologues ont partagé un repas convivial et inspirant sur le plateau de recherche du Théâtre Universitaire de Nantes, transformé en grande tablée pour l’occasion.
Accueilli par le chant des oiseaux des parcs de Beaulieu et du Grand Blottereau, enregistrés par les artistes Thomas Cochini et Ronan Moinet (compagnie d'artistes Bruit Vert), le public s’installe à la grande tablée du TU Nantes. Un pique-nique improvisé sur les planches du théâtre pour parler d’écologie différemment. D’ailleurs, avant de commencer l’échange, les participants sont invités à choisir la thématique par laquelle débuter.
1. Voir le vivant invisible
2. Restauration et résilience des écosystèmes
3. Le vivant non humain et nous
La préférence du public va à la première thématique. De l’ADN environnemental à l’observation satellite, de l’étude de terrain ponctuelle à l’analyse de données récoltées sur le temps long, l’écologie est une discipline qui se poursuit à toutes les échelles d’espace et de temps. Les trois intervenant·es, de par leurs expertises, décrivent le paysage foisonnant des méthodes d’observation et d’étude du vivant.
- Paul FENECH est doctorant à Nantes Université (laboratoire LETG - Nantes Université, CNRS, Université Rennes 2, UBO). Il travaille sur l’impact de l’urbanisation et de l’anthropisation des milieux sur les vertébrés.
- Vona MELEDER est professeure des universités à Nantes Université (laboratoire ISOMER - Nantes Université). Elle est spécialiste de l'écologie des microalgues ainsi que de la restauration des vasières, marais et herbiers du littoral.
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Olivier PLANTARD est directeur de recherche à l'INRAE (laboratoire BIOEPAR - INRAE, Oniris Nantes). Il est spécialiste de l'évolution et de l'écologie des tiques dans les bocages et les forêts.
La discussion a suivi son cours de manière naturelle, au gré des questions et des associations d’idées. Un échange mêlant humour, curiosité, savoirs scientifiques et attention aux autres. Cette conversation a été illustrée par Liliana Herdoiza Velez, illustratrice et graphiste en stage au sein de la mission Culture Scientifique et Technique de Nantes Université.

Illustration réalisée par Liliana Herdoiza Velez pendant l’échange du Café des Sciences de la Transition Écologique le 24 mars 2026 – licence CC BY-NC-ND 4.0.
Et puis, les questions curieuses cèdent leur place aux doutes des chercheur·es comme du public sur notre capacité collective à agir. Le constat sur la perte rapide globale de biodiversité est sans appel : le changement d’usage des sols, l’utilisation de pesticides, les espèces exotiques envahissantes sont des causes majeures de la destruction des écosystèmes et du silence grandissant de nos territoires.
Quand on voit arriver la catastrophe, comment passer à l’action ? Quel rôle supplémentaire peuvent (doivent) endosser les chercheur·es en écologie ? Une piste proposée à la restauration des écosystèmes, c’est l’émotion. Les humains prêtent des intentions au vivant, définissent sa valeur, le contrôlent. Mais la rencontre intime et sensible avec le vivant non humain est souvent transformatrice. « L’émotion est primordiale pour protéger les écosystèmes » nous dit Vona Meleder. Elle ajoute « Prendre soin, c’est aussi rendre visible cet invisible. » Cela passe par l’observation attentive en tant que chercheur·e mais aussi le partage avec la société.
Le vivant non humain est-il vraiment invisible ? Il arpente nos villes en toute discrétion, comme le renard ou la genette que Paul Fenech observe ; il est une clé pour comprendre les mécanismes de l’évolution et pour suivre un écosystème dans son ensemble, comme la tique qu’Olivier Plantard étudie ; il est un formidable ingénieur de notre climat et de nos côtes, comme les diatomées que Vona Meleder examine.
Si on prête l’oreille, si on ralentit, il se peut qu’on croise ce vivant non humain et qu’on crée un lien fort avec lui, une alliance pour un futur habitable et stable.
Un participant nous confie d’ailleurs « Je plante mes arbres fruitiers en double, un pour moi, un pour les oiseaux ».

Le CSTE est un projet porté par la mission CST de Nantes Université avec le soutien de l’Europe (FEDER) et du label Science Avec et Pour la Société (FORGER).


