[Objectif Végétal] Le champignon Trichoderma, une solution de biocontrôle

Publié par EchoSciences Pays de la Loire, le 17 avril 2023   710

Depuis quelques années, l’état français s’est engagé à financer la recherche de solutions alternatives à l’utilisation de produits phytosanitaires dans les productions agricoles. Si les méthodes de biocontrôle constituent une alternative prometteuse, leur efficacité seule ne suffit pas contre les pathogènes présents dans les cultures. Il est donc nécessaire d’améliorer leurs capacités de protection. Deux solutions s’imposent, soit identifier des micro- organismes plus efficaces et/ou capables de renforcer les aptitudes de défense des plantes. À l’IRHS, une équipe de chercheurs tente d’exploiter la diversité du monde microbien marin. Ils se sont intéressés à de nouvelles souches de champignons Trichoderma, très prometteurs dans la lutte contre les maladies.

La lutte contre les maladies infectieuses est une problématique économique quotidienne pour les filières agricoles. En arboriculture, en maraîchage ou en viticulture, les producteurs doivent nécessairement faire appel à des produits de luttes contre les champignons pathogènes. Avec l’apparition de souches résistantes aux fongicides et le durcissement de la législation, la demande pour des solutions alternatives augmente.

Le développement et l’amélioration des propriétés des agents de biocontrôle est donc une piste envisagée par les scientifiques. Afin de concurrencer les produits phytoparmaceutiques, le projet EPIC explore l’utilisation de l’épigénétique. Une technique réversible qui permettrait de changer le phénotype des organismes fongiques sans en modifier le génome.

L’épigénétique est l’étude des changements dans l’activité des gènes. En effet, elle n’implique pas de modification de la séquence d’ADN et peut être transmise lors des divisions cellulaires. Les chercheurs souhaitent l’appliquer à de nouvelles souches de Trichoderma.

Une solution naturelle

Les Trichoderma sont des micro-organismes antagonistes de la famille des champignons ascomycètes. Leur capacité à développer des mécanismes de lutte contre les bactéries et les champignons pathogènes présenterait une solution de défense naturelle des plantes.

Au cours d’une précédente collaboration, l’équipe MMS de Nantes Université et l’équipe FungiSem ont identifé de nouvelles souches de Trichoderma d’origine marine disposant de capacités antagonistes fortes. À partir de ces éléments, les travaux de l’équipe consistent donc à comprendre les mécanismes responsables de ce pouvoir antagoniste et les stratégies de la plante à l’œuvre dans la réponse à cette interaction biotique.

Ce projet vise donc à cultiver et renforcer ce pouvoir et ainsi développer une nouvelle gamme de bio-intrants dérivés de ce champignon.

Article écrit par Maéna Gérault, Terre des Sciences, pour la brochure RFI Objectif Végétal.